Gooooooooooooooooooooooooooooooooal !!!
Le hurlement du commentateur détourne mon attention vers le grand écran plat - au fond de la salle du restaurant, et sous mes yeux ébahis se déroule au ralenti l'action qui a suscité ce cri hystérique ! Le score en témoigne: Honduras: 0; Jamaïque: 1 !!
Nous venons d'assister en direct au BUT DU JAMAICAIN !!
Nous vivons cet événement de portée planétaire dans une petite bourgade du Texas, Lufkin, dont nous ignorions il y a encore une heure qu'elle existât !! Nous sommes entrés dans le restaurant le plus près du motel où nous avons élu domicile - tenu et fréquenté par des latinos. La clientèle est apparemment celle des ouvriers passant la semaine loin de chez eux, garant leur gros pick-up devant leur chambre de motel, et dînant dans ce restau à la carte en espagnol, tout en regardant le match de foot à la télé !
Contraste complet d'avec la Louisiane !
L'espagnol, le foot et les tortillas en lieu et place respectivement du cajun, du golf et des beignets ! Révolution culturelle!
Et dans ce basculement des mondes, alors que je savoure mes crevettes grillées arrosées de Pepsi (!!), revient à la surface ce souvenir des années 80, inscrit au Panthéon de notre saga familiale: Benoît alors âgé d'une dizaine d'années et qui (hélas) commençait à s'intéresser au foot, utilisait souvent l'exclamation " but du jamaïcain!!! ", qu'il avait dû entendre un jour de fièvre footballistique planétaire... Notre petit voisin Pierre-Arnaud, du haut de ses quatre ou cinq ans mimait tout ce que notre "grand" faisait, et nous avait fait beaucoup rire en clamant haut et fort à son tour son exclamation fétiche: "but du jamaïcain !!!"
Nous avons beau nous pincer, le gaillard en jaune et vert qui vient d'ouvrir le score, c'est bien LUI: le jamaïcain !!
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A la lecture de vos premières dépêches, j'avais presque l'impression que 34 après votre voyage était plus restrospectif qu'initiatique (références à la guerre froide, à vos passions de l'histoire et des étoiles, aux événements familiaux, aux anciens collègues...). Et bien ce dernier ajout le confirme: même au beau milieu de nul part aux States vous repensez au "but du Jamaïcain et aux Pradier"!...Mais en même temps, je nuance aussi mon jugement: si Papa mange des crevettes au Pepsi en regardant un match de foot, c'est que quelque chose de tout nouveau est en train de se produire...Quelque chose qui avait d'ailleurs été amorcé lors d'une certaine ballade sur la plage pieds nus et d'excursions organisées exprès pour aller voir les animaux (si c'est pas un comble ça?! - il faudra en parler à Maxou).
RépondreSupprimerIl n'y pas que les cactus qui piquent !
RépondreSupprimerTu insinues je ressasse trop de vieux souvenirs ! Bref que je radote un peu !
Tu as sans doute raison... je commence à avoir l'âge pour ça !
Tout de même, on ne part pas en voyage six semaines de l'autre côté du globe pour le plaisir de ressasser des souvenirs...
Simplement, la foule d'impressions accumulée ne manque pas - pour faire sa place dans nos mémoires déjà bien remplies - d'en bousculer un peu les strates profondes, faisant éclater en surface les bulles de quelques souvenirs profondément enfouis !!
Nous n'avons pas fait une démarche d'anciens combattants pour nous remémorer le 'but du jamaïcain', mais simplement ce souvenir s'est imposé à nous comme une évidence - déclenché par une situation on ne peut plus présente !!
C'est vrai que ce second grand voyage aux USA nous invite à un retour - comme un cycle qui se referme - sur une 'parenthèse' de trente-quatre ans qui a été celle de notre vie active.
C'est vrai aussi que l'Amérique d'aujourd'hui n'a plus de vision, de grand dessein à offrir, qui fasse rêver: nous étions à Cap Canaveral pour la dernière navette, nous n'avons vu qu'un simulacre de jazz à New Orleans, etc... L'esprit pionnier qui animait les premiers colons' ( j'y reviendrai ultérieurement), est désormais de l'ordre de l'histoire, de la rétrospection !...
Où est l'initiatique dans tout ça ?
Peut- être simplement ne savons-nous pas le saisir: l'histoire est facilement accessible (parfois déformée ou réinterprétée, certes) dans les musées ou lieux de mémoire. Le contemporain, la nouveauté, la découverte - la vraie vie, quoi - s'écrivent en des endroits, lieux ou manifestations qui ne se laissent pas aborder aussi facilement par les simples touristes que nous sommes...
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