C'est sans conviction que nous avons arpenté le quartier Marigny - où les bobos branchés remplacent les noirs depuis l'ouragan Katrina...
Après une courte sieste, le soleil retrouvé a donné des ailes à notre tramway 922 - celui-là même du film 'un tramway nommé désir' - en direction du quartier de l'université !
Ce quartier est d'une incroyable richesse, et les palaces se succèdent:
On se trouve parfois en pays de connaissance, avec la reconstitution de la maison de Scarlett d'Autant en emporte le vent'
ou bien l'Hôtel des Colonnes qui a servi de décor au film 'La Petite' de Louis Malle
Les Universités jumelles de Tulane et Loyola n'ont rien à envier au campus de Gainesville:
Au prix d'une ballade de quelques kilomètres à travers parcs, golfs...
... nous avons atteint les rives du Mississipi, bien loin du centre ville:
Tout compte fait, nous n'avons vu que les beaux quartiers de New Orleans. nous n'avons pas été visiter les ghettos et les quartiers dangereux... mais nous ne sommes pas non plus ici pour faire de l'entomologie sociale !
Il y a tout de même deux grosses contradictions: alors que New Orleans est la grande ville la plus pauvre des USA, nous n'avons vu qu'étalage de richesses; alors que sa population est à 67% noire, nous n'avons pas vu plus de gens de couleur qu'en Floride !! (il faut dire que Katrina a bien 'décoloré la ville)...
C'est une ville qui vit, peut-être d'ailleurs en sur-régime, et sur l'authenticité de laquelle on peut avoir quelques doutes.
En effet les lupanars de Storyville dans lesquels est né le jazz ont été rasés dans les années 1910 par les américains soucieux de mettre au pas la Louisiane (interdiction totale du français en 1916)... Le jazz 'transplanté' que nous avons écouté hier a-t-il la même force subversive, ou n'est-il déjà plus que l'ombre de lui-même, circonscrit aux mêmes 'tubes' sans cesse repris ('What a wonderful world' etc...) !?
De même la chaude ambiance de fête qu'on vante aux touristes comme la quintessence du Quartier français, semblant hésiter entre kermesse et franche débauche, n'est-elle pas un peu surfaite, décrétée - comme pour nier les difficultés de la ville à renouer avec son passé d'avant Katrina ???
C'est avec ces interrogations que nous allons poursuivre notre périple. Mais ce n'est pas la première fois que nous reviendrons de voyage avec plus de questions que de réponses...
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