ATTENTION !!
Annie trouve ce commentaire trop long, trop compliqué, etc..., bref trop chiant, quoi !!!
Vous êtes prévenus, vous vous aventurez à vos risques et périls !... !
Vaste débat, auquel je verse quelques idées à chaud, sans prétention à l'exhaustivité ni même à la rigueur intellectuelle !
(et puis j'écris dans l'avion du retour - après une coupe de champagne et un pichet de rouge - alors que la nuit vient de tomber sur l'estuaire du Saint Laurent...)
Je sais qu'il est politiquement correct de s'indigner du sort réservé aux indigènes par les européens qui débarquèrent au Nouveau Monde.
Mais je me demande surtout qu'est-ce qui a bien pu motiver ces derniers...
L'esprit de découverte animait Colomb et ses successeurs immédiats, admettons...
Mais qu'est-ce qui a bien pu - quelques décennies après - être le ressort de ce qu'il faut appeler les colons, qui ont cherché - au prix de quelles difficultés - à s'établir durablement dans ces contrées hostiles ???
On ressent très concrètement encore aujourd'hui - cinq cents ans après et avec d'autres moyens - combien le climat et la nature sont difficiles, voire franchement hostiles. S'y ajoutaient les maladies tropicales, les distances invraisemblables...
Fallait-il qu'ils soient mus par une incroyable pulsion, pour résister, pour s'accrocher. La difficulté était telle, nous a-t-on dit, que les nouveaux arrivants n'ont pu survivre qu'en pactisant avec les indigènes, en observant et en apprivoisant leurs savoir- faire.
Certains avaient reçu mission du Roi, certains se faisaient sans doute un point d'honneur à se maintenir, d'autres peut-être obéissaient à un impératif missionnaire; d'autres encore fuyaient une condition tellement épouvantable en Europe qu'ils s'accrochaient à leur terre nouvelle comme à une bouée de sauvetage.... L'espoir de faire fortune... jusqu'au XIXème siècle... devait être bien trop ténu pour tenir lieu de motivation !? La ruée vers l'or... et vers l'or noir... ne sont venus que bien après !? Alors ???
Je me promets de revoir et d'approfondir ce sujet...
C'est sans doute un lieu commun de tenter le parallèle entre les pionniers d'alors et ceux d'aujourd'hui, les conquérants - non pas de l'espace terrestre - mais de l'espace tout court... Et là soudain apparaît le mot 'conquête', pas toujours très bien connoté: conquêtes territoriales hier, conquêtes scientifiques aujourd'hui... avec les interrogations qui vont avec: quels dommages collatéraux (les indiens jadis, l'écologie aujourd'hui - sacrifiés ?)?
L'esprit pionnier se réduit-il à l'esprit de conquête - préhension plus que compréhension ?... ou faut-il lui adjoindre une dimension d'innovation, de pulsion vers la nouveauté ??
Si l'on répond par l'affirmative, alors l'esprit pionnier est encore présent aujourd'hui... mais il a du plomb dans l'aile...
Les conquérants de l'espace sont désormais cloués au sol à Cap Canaveral, le veau d'or de la finance ayant bouffé leurs rêves, leur Vision, sacrifiés sur l'autel de la rationalité économique à court terme..
Le rêve!!!.... autre composante de l'esprit pionnier...
J'ai coutume de dire que s'il avait existé un Comité d'Ethique, le jour où Prométhée a dérobé le feu, on lui aurait fait souffler dessus - à l'évocation des malheurs (on ne disait pas encore: dommages collatéraux) potentiels que ce plasma peut provoquer... et nous ne serions pas là aujourd'hui pour en parler - à plus forte raison à 12000m d'altitude avec quatre moteurs brûlant je n'ose imaginer combien de litres de kérosène à la minute !!!!
Entre l'esprit pionnier, de conquête, qui avance irréversiblement, en modifiant ou détruisant (sans a priori négatif) des équilibres écologiques, sociologiques, humains... et le frileux esprit de précaution - qui, poussé à l'extrême - est une invitation au suicide comme mode d'interaction 'minimaliste' avec notre environnement, le compromis est difficile...
Un certain 'rêve américain' est à juste titre moqué et vilipendé; vendre du rêve comme antidote à la soumission et à l'oppression est condamnable... mais jeter le bébé avec l'eau du bain, et la part de rêve... et d'aventure qui nous reste encore, l'est également !!!
Au fait, qu'est-ce qui nous a poussé à entreprendre ce voyage de dingues pendant six semaines ???
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PS: on pourrait aussi maintenant se demander si les amérindiens avaient eux-mêmes, des siècles auparavant - "colonisé" leurs terres avec une même motivation "pionnière"...
Il semblerait en fait que la lente "percolation" de l'espèce humaine à la surface de la terre - à partir du berceau initial de l'Afrique de l'Est - ait pu se faire sur un mode bien plus "naturel".
Si l'on admet que chaque génération humaine ait exploré ne serait-ce que 10 km autour de son lieu d'origine, alors la propagation de l'espèce à la surface de la terre peut s'expliquer sans recourir à des 'processus radicaux' tels que les explorations... (à vérifier: c'est en tout cas ce qu'il me semble avoir lu quelque part)
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