samedi 28 mai 2011

Pommerol et la guerre froide !!


Quand j'étais gamin, j'utilisais les cartouches d'encre de Chine - qui en avaient à l'origine une forme assez proche - pour me faire des 'fusées', telles que celles aujourd'hui exposées à Cap Canaveral.



Il me suffisait de les habiller aux couleurs voulues, pour en faire une Gemini, une Thor, une Delta, etc...

Mais cette sympathique passion pour ces sympathiques fusées ne doit pas faire oublier, qu'en préalable à la conquête spatiale, il y a eu la Guerre Froide et la folle course aux armes de destruction massive.

Ainsi par exemple, cette fusée se dorant pacifiquement au soleil était-elle en fait un vecteur intercontinental de charges nucléaires.



Le déclencheur du programme Apollo - plus qu'une 'vision' du Président Kennedy, a été la course à l'espace rendue nécessaire par le lancement du 1er Spoutnik par les russes le 4 octobre 1957.

Ce soir du 4 octobre 1957, mes frères et moi écoutions de notre chambre la TSF que mon père avait coutume d'allumer dans la pièce adjacente; la minceur de la cloison nous facilitait la tâche !
C'est alors qu'entra dans la pièce - pour une de ces visites régulières qu'il rendait à notre père - Pommerol (personne à la maison ne le désignait sous
son prénom d'Alexandre) - vieux garçon et horloger de son état !

"Eh Joseph, t'as vu dans 'La Montagne' ce matin que les russes ont envoyé un engin dans l'espace ?" Mon père bien sûr avait vu, et en dépit de notre jeune âge, nous percevions l'angoisse des adultes et comprenions que l'affaire était grave (au point, 54 ans après, de nous rappeler de l'instant !)

Pommerol tenait échoppe sur la place du village.
Quand on y pénétrait, on était de suite immergé dans les cliquetis asynchrones des dizaines de pendules, carillons, comtoises, qui y battaient la chamade... plus que le temps qu'ils auraient dû mesurer. Tout ceci ponctué par les sonneries, carillons, et autres 'coucous' de tous les fuseaux horaires de la planète convoqués en ce même lieu.
Nul doute qu'en ce jour d'octobre ces mécanismes sensibles n'aient eux-aussi été saisis par l'angoisse ambiante, et qu'une poussée d'adrénaline n'ait accéléré leurs tics-tacs déjà bien arythmiques...
Ils étaient encore mieux placés que les humains pour savoir la froideur mécanique des minuteries qui, in fine, finiraient au bout d'un compte à rebours dans les règles, par déclencher le feu nucléaire.

Je n'imaginais pas que notre séjour en cette riante Floride raviverait des souvenirs de cette sombre période. Elle a en effet été un des théâtres - côté américain - de la crise de Cuba en 1962. Nous avons vu à Key West la base aéronavale où ont été déployés les missiles censés donner la réplique à ceux disposés à Cuba par Krouchtchev et Fidel Castro. Dans le quartier de Little Havana à Miami nous sommes passés devant le mémorial du débarquement avorté de la Baie des Cochons...



Nous avons été des "enfants de la Guerre Froide", avant d'appartenir à la "génération 68" !

De là peut-être la fascination qu'Annie et moi éprouvons face aux deux superpuissances d'alors - Russie d'une part, USA de l'autre - au point d'en faire les buts de nos "grands voyages" !?


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